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Les Tunpus, ou LaoHans, ou Hans anciens de YunFeng

Au sud de Guiyang, Guizhou   - mai 2015 -  Henri Maître

 

 

 

LaoHans
(Hans anciens) ou Tunpus
ou Tunbaos ... 
lao hàn en pinying

 

 

 

 

Carte du Guizhou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les autres minorités :

 

LaoHans, ou Tunpus ...



Les Hans du GuiZhou, installés dans les garnisons de l'empereur HongWu au début de la dynastie Ming il y a près de 600 ans, forment-ils une minorité ? Non d'après les textes officiels. Oui si l'on examine la façon dont se sont perpétrées leur culture et leurs traditions. Après avoir repoussé les Buyis dans les montagnes, ces colons envoyés aux marges de l'Empire à la suite des armées venues de l'Est (surtout de la région de Nanjing dont ils parlent toujours le dialecte), se sont  établis dans une poignée de villages fortifiés. Prenant grand soin de ne pas se mélanger aux barbares installés avant eux, soucieux de préserver le leg raffiné d'une culture millénaire, ils ont maintenu très vivace pendant près de 20 générations l'esprit mandarin et l'on retrouve chez eux nombre de traits de vie qui ont disparu partout ailleurs dans l'empire du milieu. Plus que tout autre ici, les Tunpus justifient que le GuiZhou soit la  "province oubliée" de la Chine !

La petite ville de TianLong entre Guiyang et Anshun se pose aujourd'hui comme l'épicentre de cette communauté. Des portes modestes mais cependant monumentales, sont encore visibles, là où se tenait jadis la muraille, réduite aujourd'hui à quelques lambeaux. Dans ces vestiges de murs, elle garde quelques belles rues qui serpentent le long d'un petit ruisseau propret, enjambé de multiples ponts. Des ruelles s'échappent, étroits passages entre des murs de pierres blanches, guère plus larges qu'un petit LaoHan chargé d'un sac de riz ou de deux poulets. De très belles maisons de pierre, basses et rustiques comme des fermes, longent ces rues, avec un étage de bois et de superbes toits en ardoises taillées en losange. Des appentis, de pierre aussi, les prolongent sur la rue, tandis qu'un porche massif ouvre sur leur cour intérieur. Sur ces cours, dallées de pierre, où pendent des cages d'oiseaux, des gerbes de riz ou des épis de maïs, des pièces sombres s'alignent, aux meubles de bois polis par les ans, derrière des vantaux, de bois aussi, sculptés de formes géométriques.

Un vieux temple, pas mal dévasté, est gardé par deux femmes. Comme dans tous les villages ici, il est taoïste, confucianiste et bouddhique à la fois. Dans sa cour, il présente un curieux édifice, sorte d'arbre de bois sculpté qui héberge dans ses branches des petits bols accueillant chacun un bougie de beurre. Plus loin, le bâtiment le plus solennel du village est une école-bibliothèque en U, au perron majestueux doté d'une galerie de bois courant tout au long de ses trois façades, et adossée à un fort rempart tout contre la forêt qui presse le village.

Les habitantes portent l'habit traditionnel han, le hanfu. Plutôt de couleur vive, ici ; bleu ou vert, mais parfois crème. En haut, c'est une blouse droite, fermée à partir du col et le long du côté droit, descendant loin derrière, comme un manteau, ornée de broderies le long de la fermeture, du col et parfois, au bout des manches longues : ganses noires et argent à l'extérieur, petit motif abstrait de couleur vers l'intérieur. Une ceinture large, souvent de couleur vive est fermée sur l'arrière par un cordon, un long tablier noir tout droit et un pantalon noir aussi, étroit, par dessous. La coiffe est souvent noire (pour la maîtresse de maison), ou blanche (pour les femmes mariées dont la belle-mère vit sous le même toit). On dit que les jeunes-filles ont une coiffe rouge et la tresse  de cheveux libres, mais je n'ai pas eu l'occasion de le vérifier. La coiffe, c'est comme un cylindre bas posé sur le sommet de la tête, vers l'avant. Comme les femmes mariées se rasent le haut du front, la coiffe part d'un grand front lisse et clair ; quelques mèches et s'échappent sur le côté. Sur le dessus, la chevelure est libre, mais les cheveux sont tirés par derrière en un chignon serré lorsque la femme est mariée, retenu par un bandeau noir traversé d'un peigne ou d'une épingle d'argent, parfois retenue par une chainette. Des pendentifs d'argent aussi ornent toujours les oreilles, et des bracelets, d'argent ou de jade parfois. Pas de chaussures à bout pointu par contre qui sont censées être de tradition ici, tout au plus des modèles souvenirs pour les touristes.

TianLong est célèbre pour son opéra Di, joué par des villageois, tout droit tiré de la longue tradition han et donc ancêtre de l'opéra de Pékin. Nous n'en verrons pas de représentation.

 


 

La villa Feiyunya  de HuangPing


 

 

Il me faut aussi parler d'un autre vestige Han, un peu plus à l'Est, entre HuangPing et Shibing ; il s'agit de la villa Feiyunya ("nuages sur les falaises"), construite au cours des deux dernières dynasties, Ming et Ding (donc en partie plusieurs fois centenaire).

C'est une belle construction dans un bouquet de verdure escaladant une colline, quelque chose un peu comme une maison de campagne ou un relais de poste. Elle s'ouvre par une élégante porte ancienne aux niches habitées de personnages de terre vernissée, puis se prolonge par une cour ombragée, bordée d'une rivière d'un côté, de bâtiments bas de l'autre. Ils ont été transformés en un petit musée des minorités où les vêtements occupent la place d'honneur. La cour s'échappe ensuite à travers les arbres, à l'assaut de la colline où elle rallie les petits kiosques en pagode d'un temple. La finesse de l'architecture et la richesse travaillée de la composition sont là en écho aux bois noirs et aux schémas désordonnés des villages Ges et Miaos de la région.

Il n'y avait pas que des paysans et des chasseurs au GuiZhou !

Terres cuites polychromes sur la porte de la villa : motifs pédagogiques

Les visites guidées

 

Le village LaoHan de YunFeng


 

Les habits et les bijoux des LaoHan de YunFeng    

 

 


 

Les petits bonus

 

Buffles dans la villa Feiyunya

 

 

 

Cloche dans la villa Feiyunya


henri

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© henri maître  - le 20 novembre 2015