retour aux Minorités du GuiZhou

 

 

Hmongs   et   Miaos :   du Guizhou au VietNam

Asie du Sud - 2004 à 2017 -  Henri Maître

 

 

 

 

Minorité Miao, ou
Méo, ou Hmong, ...  
miáo zú,  en pinying

 

 

 

 


l'Asie du Sud


Le Guizhou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les autres minorités :

 

Les Miaos


Les termes pour désigner cette minorité sont multiples et chargés de nuances subtiles. Ils reflètent la diversité des groupes associés ainsi que des sensibilités particulières liées à l'histoire. Le terme Hmong est largement référencé dans la littérature française et souvent préféré hors des frontières de Chine, là où les termes Méo et Miao sont parfois perçus de façon péjorative. Mais, si les Bororos sont des Araras, tous les Miao ne sont pas Hmong encore que beaucoup le soient et nous nous alignerons sur le terme de Miao probablement trop imprécis, généreusement attribué par l'administration chinoise, pour décrire ces populations. Nous leur affecterons, quand ce sera possible, l'un des qualificatifs les moins discutés (encore que ...) en référence à la couleur des coiffes des femmes (Miaos rouges, Noirs, Fleuris, ...) ou au type de vêtement ou de parure (... à jupe courte, à longues cornes, etc.)

Près de dix millions de Miaos en Chine, voila une grande minorité que l'on rencontre dans tout le Sud. Nous les avons vus nombreux au Guizhou surtout, mais aussi au Guangxi, au Yunnan et un peu au Hunnan. Nous les avons également vus au Viet-Nam, dans la région de Sapa.

Les Miaos à Longues Cornes (Vron Hmongs)


Les Vron Hmongs sont loin d'être les plus nombreux des Hmongs. C'est à Longga et à Sugqa que nous les avons trouvés, en quittant un paysage magnifique, constitué d'un troupeau de collines abruptes pressées dans une vallée verdoyante où s'alignent les rizières et le maïs. Il faut abandonner la vallée, s'enfoncer dans la montagne jusqu'au bout de la route pour atteindre ces villages où les  maisons, traditionnellement de bois et de chaume, font place maintenant à des alignements de petits pavillons de pierre. Par chance le haut du village offre encore quelques belles batisses de bois où sont regroupés sous un même toit (de tuile industrielle !) l'habitation, le bétail et les granges. Les pièces y sont basses et sombres. Le confort nous semble très sommaire et l'antenne de télévision, accrochée à la façade, ajoute une touche d'indécision quant à l'époque.

A cette heure les femmes reviennent des champs. Leur vêtement tout de  jupe de Longga suite attire l'oeil. Une grosse jupe à mi-mollet barrée de larges raies horizontales alternées. Ici elles sont noires, oranges, grises et blanches. Parfois le rose remplace l'orange. Le corsage est formé d'une chemise de tissu blanc, couvrant des pulls ; le col en V est arrété par 2 boutons. Cette chemise est couverte d'un motif original que l'on retrouve dans toute cette vallée : des broderies noires de losanges ou de carrés dans le dos et les mêmes plus petits sur les bras ; des guirlandes de couleur vive : rose ou orange, brodées elles aussi, au bout des manches et le long  des bordures ; un rabat long, rapporté au milieu du dos et descendant jusqu'au mollet, alternant motifs de couleur et broderies noires géométriques. Pas de coiffe pour les femmes mais les cheveux en  queue de cheval ou en chignon. Les femmes agées par contre portent une sorte de turban blanc d'un linge indéfinissable.

Bien sûr c'est la coiffe de fête qui vaut le nom de ces groupes et il ne faut pas trop prier une femme pour qu'elle revête sa tenue d'apparat. La première chemise se distingue alors par un dessin plus recherché, mais dans les mêmes tons, ici à dominante orange et rose. Puis la robe est finement plissée (la fameuse robe des mille plis), mais encore avec les mêmes accords. Une veste très richement brodée (au point de croix) s'ajoute au costume. Plus de motif noir ici, tout est en couleur, avec une forte géométrie qui mêle cependant des motifs de fleurs et des flocons. Pas de bijoux, mais un curieux collier de tissu brodé, et un tablier noir et rond dont je ne connais pas l'usage. L'installation de la coiffe suit un cérémonial précis. Dans ce village, la coiffe est très ample (plus de deux mètres) et en laine. Dans d'autres elle est de taille  plus modeste mais en vrais cheveux, transmise de mère en fille. La corne est en bois, munie en son centre d'un fort peigne qui viendra saisir la véritable chevelure, par dessous. Les vrais cheveux sont alors enroulés autour de la corne et une tresse de file blanc fixe le tout. On peut alors enrouler les cheveux postiches selon un mouvement en huit. Une seconde tresse blanche elle aussi vient assurer l'assemblage par un entrelac savant qui se termine à l'arrière de la tête. Un pompon de couleur masque cette conclusion. L'ensemble est impressionnant : un petit bout de bonne femme se retrouve dotée d'un chef deux fois plus large qu'elle, et l'on comprend que si elle porte haut la tête, ce n'est pas que pour conserver son équilibre.

Les Miaos de la fête des bateaux de Shibing

Les Miaos de la fête des bateaux de Shibing offrent au visiteur toute la richesse des parures Hmong et toute leur diversité. Chaque village affiche  sa singularité dans le choix des tissus, des broderies, des parures.

Généralement, une courte veste et une jupe, plus courte encore disparaissent sous un ruissellement de bijoux, plus rarement un pantalon brodé. Les couleurs sont très vives, bleues, rouges, vertes, distribuées en panneaux brodés au point lancé me semble t'il, ornés de motifs de grosses fleurs. Sur les blouses, le bleu métallique de l'indigo claque au soleil, ou un rouge-brun qui vire au pourpre, lui aussi métallisé. La tunique se croise devant sur un col en V, les manches sont au coude. Des panneaux en rubans terminés en losange descendent parfois de la taille sur le ventre. La jupette droite, noire et rouge, s'arrête au genoux, voire à mi-cuisse. Des courtes guêtres de couleur prennent le relais. Aux bras des bracelets d'argent, certains très fins, la plupart larges et ouvragés, au cou de très lourds colliers, suspendus à un large torque en croissant de lune, ou à un entrelac de multiples anneaux, chargés de pendentifs en fruits, en fleurs, en oiseaux, en argent embossé, des grappes de disques, descendant jusqu'à la taille. La coiffe aussi est gigantesque, elle aussi en métal argenté : une haute couronne cylindrique bordée de franges vers le bas, de feuillages finement découpés vers le haut, ou une forêt qui s'élève au dessus de la tête, abritant des oiseaux et des fleurs, ou encore une envolée d'échassiers pointant leurs becs aux cieux. Des scénettes végétales et animales complètes avec des phénix, des dragons, parfois un buffle, toujours des ciselures délicates de gouttelettes, de parterres, de sous-bois.

Il est intéressant de rapporter ces costumes souvent extravagants à ceux que présente le musée Feiyunya de Huangping et en particulier le costume Miao de la région de Guangling des années 1970. Le costume présenté n'est pas d'apparat, mais très élégant tout de même et plus habillé qu'une tenue ordinaire. La jupe est plus longue, en dessous du genou, formée d'un haut de fort tissu brun, prolongé vers le bas d'un imprimé, bleu sur fond blanc. La veste de grosse toile bleue sombre, peut-être à l'indigo, en reprend à peu près les teintes et le motif sur les manches, mais s'orne surtout de panneaux brodés de couleurs vives. Un parement de la même broderie rouge et bleue court le long de l'encolure. La coiffe est un foulard bleu sombre, uni, noué de façon savante.

 

Les Hmongs Noirs de Sapa au Viet-Nam

Très différents sont les Hmongs Noirs de Sapa, eux aussi venus des bords du Yangtsé au début du 19e siècle. Tout le vêtement est très sombre; d'un indigo presque violet, partagé par les hommes les femmes et les enfants. La jupe est toujours courte, à peine bordé d'un filet violet ou bleu, comme la tunique souvent sans manches,  largement fendue sur le côté, de façon à former trois pans, deux sur l'avant et un sur l'arrière. Le col en V s'épanouit largement sur l'arrière, s'ouvrant sur des teintes plus claires et remondant droit derrière la nuque.  Les broderies des manches, parfois de la poitrine ou du col, sont de couleurs simples, rouge ou verte, de formes géométriques, losanges, hexagones, au point de croix, bordées de rubans rouges ou verts. Des ceintures larges, indigo, brodées sur l'arrière, retiennent parfois le vêtement. Les guêtres sont noires, fines et hautes, marquées d'un lien coloré au dessus du mollet. La coiffe est simple, cylindre de tissu uni, large comme deux paumes, roulé sur une armature de paille tressée, laissant libre vers le haut la chevelure repliée en natte agrafée d'une épingle. Les oreilles s'ornent de grands anneaux, aux cous, des torques ou des demis torques fermés d'une chaîne, quelques bracelets. C'est l'acier qui domine ici plus que l'argent, des flots de larges maillons circulaires parfois, ou des grappes de pièces anciennes.

Les fillettes ont les mêmes tenues, souvent plus brodées et plus colorées. Elles ont les cheveux libres sur les épaules et toujours des boucles d'oreilles.

Les hommes ont des allures de curés de campagne avec leurs cheveux  coupés au bol, leur vêtements noirs  sans broderie, bordé d'un liseret coloré, le pan long de leur veste flottant derrière eux, la tête couverte d'une calotte hémisphérique, de jai comme le cheveux.  Leur col cependant rappelle les marins, et leur collier parfois des bretteurs antiques.

 

Les Hmongs Blancs et Noirs de Ha Giang à Cao Bang au Viet-Nam

Plus au Nord-Est, d'autres Hmongs sont installés dans des villages perdus de la montagne à la frontière de la Chine depuis la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe à l'occasion de guerres très dures qu'ils entretenaient alors contre les Hans aux marges de l'Empire Céleste. Agriculteurs, éleveurs, ils arpentent des territoires également occupés par des Daos et des Lolos, eux-aussi enfuis de Chine. A la différence de Sapa, les costumes des femmes Hmongs ont ici des couleurs très variées, mais de facture beaucoup moins travaillée, les brodures étant exceptionnelles. Leur coiffe est généralement un fichu avec des pans flottant sur les épaules, et parfois un turban de velours, souvent rouge ou violet. Les jupes sont amples, à mi-mollet. Leurs plis rappellent en plus simples les "mille-plis" des Miaos du Guizhou, mais ici elles sont en chanvre, tissé sur place et non en cotonnade. Les couleurs sont souvent unies pour les femmes, mais pour les jeunes filles et les fillettes, elles alternent des teintes vives. Un pantalon "corsaire" complète parfois la jupe et une large ceinture d'étoffe la maintient. C'est à cette ceinture qu'est attaché l'écheveau de chanvre que la femme tresse en marchant. Le haut du vêtement féminin comporte une chemise simple ou un tricot et, par dessus, un gilet de laine avec ou sans manches, souvent non fermé. Aux pieds, des bottes ou des espadrilles de plastique moulé, sans talon ni attache d'aucune sorte. Elles portent au dos de hautes hottes de rotin ou parfois de plastique coloré, à moins qu'elles ne ploient sous d'énormes buissons d'herbe à éléphant, de tiges de maïs ou sous des fagots de bois. Certaines femmes se rasent encore le front très haut, ainsi que les sourcils. Elles peuvent aussi s'orner la bouche de dents en or (les quatre canines le plus souvent, parfois aussi les premières pré-molaires). Ces habitudes ne sont pas reprises par les jeunes générations nous semble-t-il. Les vieilles ont souvent la bouche noircie de bétel. Les fillettes ont parfois un rose léger sur les lèvres.

Nous n'avons pas noté d'élément particulier dans les tenues des hommes et des adolescents, si ce n'est une addiction très forte à la moto.

 

sifflets d'enfant Miao, en terre cuite et  peinte (musée Feiyunya)

 

 

 

Les visites guidées

 

Mode d'emploi :  comment nouer votre coiffe Longues Cornes



La variété des vêtements des Miaos du Guizhou : du quotidien à la fête

  


Les Hmongs Noirs de Sapa (montagnes du VietNam)

 

 


Les Hmongs Blancs et Noirs du Nord Tonkin

 

 


 

 

Les petits bonus

Femme Miao de 1970 (musée Feiyunya)


henri

 Retour à la page des Minorités

 Retour à la page d'accueil du site

© henri maître  - le 20 novembre 2015