Ténériffe : île du printemps éternel    -  Canaries   - Espagne   -    mai 2014

Henri Maître

 

Galerie des photos

Paysages, plages et volcans : sur le plateau au pied du Teide, dans les ravines qui conduisent à la mer, sur les plages


Villes et villages : de Vila de Arico à Candelaria en suivant la côte Sud et de Masca à la Laguna en remontant la côte Nord


Eglises : l'art religieux. Petites églises de villages aux décors naïfs, baroque canarien, Vierge au croissant, plafonds de bois sculptés,



Fleurs : parce que c'est plus facile à photographier que les chants d'oiseaux, à l'aube naissante, l'autre merveille de l'ile.


 



 

 

références géographiques des photos


 


Ténériffe est comme une orange : la peau ne se mange pas. La peau se sont les couches d'hôtels immenses et de résidences, les friteries et boutiques de fringues qui balafrent la côte.

Oublions la, cette peau ,et prenons une route en lacets qui monte vers la montagne. La montagne il n'y en a qu'une, immense, qui impose à toute l'ile son impressionnant volcan : le Teide culminant à 3 760 m, loin au delà des nuages. Il n'y en a qu'une, mais il y en dix aussi, ou cent, répliques miniatures du Teide, brutales saillies de lave, crêtes hérissées de basaltes, jaillissements incohérents de roche rouge, amas confus de blocs empilés pour escalader le ciel, mais éboulés et rassemblés là encore dans un vain effort d'y mettre un peu d'ordre. S'approchant de la mer, par endroits, ces convulsions telluriques s'ordonnent en moutonnements plus doux et plus réguliers jusqu'à mourir dans les vagues, tandis qu'ailleurs, le chaos redouble dans de terribles barrancos où des ruisseaux furieux se sont un jour décidés à se révolter contre le désordre des pierres. Le chaos des terres sera alors, en fin, terrassé par le maelström de l'océan, ...

En ce mois de juin, la végétation réplique à l'exubérance des sols par une floraison exceptionnelle. Sur le plateau du Teide, des buissons de genêts, alternativement jaunes ou blancs, bourdonnent d'une multitude d'abeilles et prennent le passant dans une bouffée d'odeurs épaisses comme de l'huile. Plus loin ce sont les vipérines qui jettent insolemment leurs piques rouges à l'assaut du volcan. Leurs lourdes grappes sont plus hautes qu'un homme. Si vous êtes chanceux vous en verrez des bleues aussi. En descendant du plateau, vous entrez dans des couleurs plus vives, plus variées, plus mêlées : les bougainvilliers bien sûr, les tulipiers du Gabon, les flamboyants, les euphorbes, les strélitzias, les grenadiers conjuguent leurs rouges de l'orange au violet ; les jasmins ruissellent des murs en draperies blanches, blancs aussi les acacias et et les catalpas, tandis que les figuiers de barbarie et les cactus disputent les jaunes à de multiples engeances inconnues de moi.

A la luxuriance de la nature, le canarien a opposé la simplicité de ses villages serrés autour d'une place ombragée de ficus d'où partent des ruelles tordues bordées de maisons  à portes majestueuses et balcons. Les églises blanches et sobres de l'extérieur, gardent pour leurs chapelles et leurs retables les ors d'un baroque naïf. Les nefs sont parées de plafonds de bois, comme des Santa Maria retournées ; les murs dedans, blancs aussi ou crème, s'ornent de statues anciennes. la Vierge y foule aux pieds, invariablement, un grand croissant d'argent, rappel du serpent originel ? des prières profanes des Guanches qui peuplaient ces terres ? de la victoire de Lépante, chère en ces terres africaines ? ... Les attributs mystiques de la Vierge en terre canarienne me resteront mystérieux 1 -. Sur les façades, des étendages de fanion, des banderoles et des bouquets séchés rappellent partout que les fêtes de mai ont rassemblé ici les paroissiens qui ne se pressent plus en juin sous les voutes fraîches, guère plus que les touristes d'ailleurs.

Deux villes s'imposent à ma mémoire. La Orotava tout d'abord, lançant  ses ruelles à l'assaut des contreforts du volcan. Belles rues bourgeoises, avec le charme provincial de l'Andalousie et des accents brésiliens de palais coloniaux, façades blasonnées, balcons en encorbellement, cours ombragées, perspectives de vignes et de bananiers dans les échappées des faubourgs, places ombragées où discutent des notables devant un vin en pichet.

A l'opposé San Cristobal de la Laguna, tout aussi fière de ses palais et de ses armoiries, tout aussi tissée d'un réseau fin de rues pavées et piétonnes, impose sa culture universitaire et son engagement européen. Boutiques de musique, librairies, galeries, cafés aux tables bruyantes, groupes animés autour d'une guitare. La cathédrale et la tour solitaire de la Conception  rappellent que cette ville fut capitale. Les multiples bâtisses, vastes et nobles, palais, couvents, hospices, avec leurs cours garnies d'orangers, leurs balcons de bois où court un bougainvillier, le confirment . Le squelette noir d'une église ravagée par l'incendie, dans l'enclos de l'université, il y a plus de 40 ans,  rappelle brutalement au passant que les chantiers prioritaires de Ténériffe ont longtemps été de bétonner "la peau de l'orange", à l'autre bout pour héberger les charters de surfeurs. 

 


Petit bonus culturel

    Combat de vipérines et de touristes russes au pied du Teide

    Pour faire son salut à petit prix

   Lézard à gorge bleue (Gallotia galloti), la mascotte de Ténériffe, endémique des Canaries

 


 

Sur la place de la Lune dans les attributs de la Vierge, on consultera avec profit  le site

 

 


Henri Maître, juin 2014
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