Croatie

La Croatie à grands pas  -  août - septembre 2015 - Henri Maître

(Republika Hrvatska pour les polyglotes)



Zagreb, pour commencer, car une capitale ça marche en tête, n'est-ce pas ?

Une capitale dont on ne parle pas beaucoup ... Et pourtant ! Zagreb, petite cité pleine de charme. Les églises gothiques de Kaptol, Saint François, Sainte Marie, Sainte Catherine, la silhouette surprenamment naïve de Saint Marc, échappée de quelque place de village, les vieilles bâtisses bourgeoises de la colline qui ressemblent toutes à des évêchés, la rue Radiceva, plus bobo que La Huchette, les impressionnantes création d'Hermann Bollé, théâtres et musées, d'un claquant jaune d'or rehaussé de blanc, hébergeant angelots et nymphes, les belles places Tomislav et Nikola Zrinski, leurs arbres immenses et leurs statues, bordées d'imposants alignements austro-hongrois, et les petites avenues alentour, touchant mélange d'imitations bon -marché d'hôtels vénitiens, d'immeubles frappés du réalisme titiste des années 50 et de ces petits bâtiments plats et lisses à l'esthétique universelle qu'a fait fleurir la fin du siècle pour abriter des coiffeurs et des cafétérias.

L'Istrie proposera un visage tout différent. Dans l'arrière-pays, ses collines et ses bois accueillent un paysage de bocages où des rivières paresseuses se cachent sous les frondaisons. Des villes trônent sur les collines, derrière leurs remparts médiévaux. Des églises romanes offrent au visiteur des peintures rupestres charmantes et naïves où les saints le disputent aux démons, où des anges enguirlandés se penchent à l'épaule des élus et des allées d'ifs conduisent à des autels : Motovun, Hum, Draguc, Buzet, Beram, ,,, autant de petits bijoux aux charmes discrets. Une surprise : les murs peints de Vodnjan, gros bourg pataud aux rues étroites et profondes et aux graphies pleines d'humour et de talent.  L'Istrie et ses vignobles, ses jambons, ses truffes, son vin rocailleux, une Toscane en pays slave ... La côte istrienne nous rappellera que l'Italie est à deux pas et l'Allemagne au bout de la route. Mais à Pula, Porec, Rovinj, les Romains y furent d'abord, puis les Byzantins, les Vénitiens et y ont oublié des temples, des amphithéâtres, des basiliques splendides et millénaires pour donner mauvaise conscience au touriste qui s'attarde aux terrasses pour déguster un Teran rocailleux ou un spirituel Malvasija.

Pour quitter l'Istrie, il faut replonger dans la civilisation autour de Rijeka, dans le dédale de ses autoroutes, puis, pour rejoindre Plitvice, si l'on souhaite éviter la côte, il faut traverser de curieuses régions où les maisons de gros moellons semblent de toute éternité dépourvues de crêpi, où les murs s'ornent encore de cicatrices de la guerre récente. Le parc national de Plitvice, comme un aimant, draine toute la circulation alentour. Quand nous y arrivons, il est noyé dans une brume épaisse et les plans d'eau se détachent péniblement des nuages. Les cascades, les bassins se découvrent l'un après l'autre tandis que les arbres s'égouttent encore. La foule disciplinée de japonais et de slovaques, de finlandais et de saxons trottine sur les caillebottis luisants. Clic-clac : le rituel photographique universel prend ici une allure de protocole. Que d'eau en boîte, s'écoulant en tresses blanches des parois, faisant luire les visages et noircissant les bois, s'accrochant en lambeau aux roseaux, glissant furtive entre les herbes. L'eau a ici toutes les couleurs, si les bleus crus et les verts profonds l'emportent par les vastes étendues des bassins, c'est que l'on ne s'arrête pas aux ocres des sables, aux rouges des feuillages que l'eau a déjà accaparés, aux blancheurs laiteuses des bouillonnements. Nous l'avons déjç expérimenté en d'autres lieux, la pluie, calamité du touriste, réserve des splendeurs discrètes mais sûres à qui ne craint pas de tremper ses mocassins.

La Dalmatie sera au contraire rayonnante de soleil dès que l'on aura passé les lignes de crête qui forment frontière du Quarner et qui s'emploient avec un exceptionnel succès à maintenir sur ces montagnes brouillard et pluie. On retrouve en ces lieux l'affluence des lieux bénis des catalogues et des dépliants. Il faut faire la queue pour entrer dans les villes et, sitôt qu'on y est, on ne sait plus comment s'y arrêter. Villes ou gros villages qu'il faut cependant parcourir à pied pour s'imprégner de l'atmosphère de leurs ruelles au sol dallé, aux flancs de fortes pierres, dotées de gros remparts, de voutes et de donjons, d'églises romanes enrichies des apports successifs des lombards, des byzantins, des autrichiens. Split, Trogir, Zadar, Sibenik, toutes rivalisent pour s'attacher l'amoureux des pierres taillées par l'homme, des bâtisses croulant d'histoire, de cette culture qui s'échappe des échauguettes, des cryptes et des portes basses. Le Palais de Dioclétien vit chaque soir à un rythme trépidant, reflet lointain de ce que furent peut-être les fêtes romaines, mais qui sont aujourd'hui germaines ou baltes.

Dubrovnic impose ses pierres lourdes, ses murs, son enceinte de granit comme pour mieux enfermer les touristes que ses charmes gothiques n'auraient pas séduit, son port où s'endorment trois barques indolentes. Elle offre ses ruelles, qu'enfument les grillades de poissons et les brochettes, ses placettes où s'étirent des chats hâves de trop réver, ses restaurants et leurs tables étagées sur des escaliers étroits, ses caves profondes où coulent le Gran Teran, le Caric et le Vinopod.  


 

Les cartes


La Croatie dans l'Europe

Les villes visitées


 

Les visites guidées

  • Zagreb

  • L'Istrie

  • Le parc de Plitvice

  • Split et le nord de la Dalmatie

  • Dubrovnic

  • L'île de Korcula

  • un tour en Bosnie-Herzégovine : Mostar

  

 


Les petits bonus

Graphes, tags et peintures de rues de Croatie et de Bosnie-Herzégovine


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© henri maître  - le 20 septembre 2015 - revu 15 août 2018